Connu du grand public, ce chef-d’œuvre d’un anonyme du xve siècle est à la fois coloré, drôle, rythmé, merveilleusement bien écrit et s’adressant à un large public.
1/ Origine
« De quoi s'agit-il ?
D'une farce jouée par des compagnies d'étudiants, bateleurs et joueurs de cordes les jours de marché en marge du théâtre officiel ?
D'une critique de la justice imprégnée de l'esprit du palais ?
D’un plaidoyer pour les victimes de l’ordre social broyées par la machine sans qu’ils puissent rien y faire ?
D'une représentation des marchands, de l'argent qui circule, change de main, des négociants aux pleins pouvoirs ?
D'une comédie psychologique aux ressorts bien huilés, aux expédients bien expédiés, aux astuces savamment comptées sur la scène ?
Tous les fils de la pièce tendent à se nouer, à s'entrecroiser, à former un noeud inextricable à la fin de la pièce. Bien malin qui saura le dénouer...à moins qu’en le coupant ?....
Mais c’est aussi une formidable machine théâtrale : une scène pratiquement vide, des rideaux noirs, une table, deux tréteaux et une chaise.
Poésie véritable d’un théâtre en liberté qui ne s’embarrasse pas de décors luxueux..
Et Molière n’est pas loin : les personnages ne sont plus ces masques creux d’où s’échappe une voix qui n’est pas la leur ; ils ont des désirs, des débats, des remords, manigancent et conspirent, expriment leur identité dans une langue truculente, bouffonne et vertueuse. Tout s’enchaîne, tout se délie.
Fluidité, progression, chute et dénouement. On tire les ficelles, mais on ne les voit pas. Ce qu’on appelle joliment en Sorbonne une « comédie de caractère classique » est déjà dans Pathelin : aux autres de saisir les affinités, les identités, les convergences de la farce médiévale avec la sotie, avec le théâtre classique, avec l’absurde ou le symbolique.
Pathelin existe. Sans cesse renouvellé, sans cesse imaginé, sans cesse retravaillé. Pièce redoutable car elle n’épargne rien en nous de ce qui nous fait paraître devant les autres : la bonne réputation. »
Christophe Crochet
2/Histoire
Avocat miséreux depuis longtemps sans procès, Pathelin trouve un moyen ingénieux de se procurer de l'étoffe dont il a besoin sans le payer : par des propos flatteurs il convainc le drapier de lui donner six aunes de drap, de venir récupérer l'argent à la maison et d’y dîner à cette occasion.
Pour ne pas avoir à payer le bourgeois, qui vient réclamer son dû, il feint alors, avec l'aide de sa femme Guillemette, d'être à l'article de la mort.
Par ailleurs, l'avocat se décide à défendre un berger accusé d'avoir tué plusieurs moutons dans le troupeau dont il avait la garde et qui appartient au même drapier.
Stupéfaction de ce dernier de retrouver au tribunal son « mort » : panique, brouillage, confusion des histoires, draperie et bergerie, coq à l'âne et saute-mouton, folies, menaces, diableries et boniments...Tout se termine dans la confusion…
Berger et drapier sont renvoyés à leurs moutons...
3) compagnie agile:
Après avoir créé et tourné avec succès « Les 2 Gredins » d'après Roald Dahl (spectacle pour enfants de 4 à 10 ans), la compagnie agile a monté et joué en juillet 2004 « La Farce de maître Pathelin » dans les plus beaux villages à caractère médiéval de l'Aveyron et du Lot. Le spectacle a été repris en salle en février 2006 à l’Espace Quartier Latin à Paris.
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